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Dix ans de traitement de la douleur par ondes de choc

Dès 1901, des pionniers ont eu l'idée d'employer un lithotripteur pour traiter des pseudarthroses. Les premiers résultats de deux chercheurs de Sofia (Bulgarie), V.D. Valchanou et P. Michalov, ont été plus qu'encourageants. Un effet analgésique apparaissait en effet après quelques séances. Des travaux ultérieurs ont montré que les niveaux d'énergie requis pour obtenir l'analgésie étaient plus faibles que ceux qu'avaient employés les premiers auteurs.

Le développement d'un équipement spécifique impliquait de nombreuses voies d'abord en rapport avec les pathologies à traiter (notamment pied, épaule, coude), une visualisation échographique devait idéalement être possible afin de repérer la lésion et de guider le traitement. Au plan purement technique enfin, l'émission des ondes de choc devait être parfaitement maîtrisée (densité d'émission, focalisation, reproductibilité). L'aboutissement des travaux a été un équipement intégrant l'ensemble de ces éléments (Sonocur, de la firme Siemens).

Divers essais ont été réalisés entre autres par J.D. Rompe et coll. (Mayence, Allemagne). Ils ont permis de conclure à l'efficacité antalgique des ondes de choc sur la douleur en cas d'épine calcanéenne, de tendinopathie calcifiante de l'épaule et d'épicondylite (tennis elbow).

Divers essais randomisés contre placebo ont été ensuite réalisés aux Etats-Unis dans trois cliniques orthopédiques sur un groupe de 114 patients souffrant de tennis elbow. Ces travaux ont mis en évidence une amélioration significative de la douleur et, un rétablissement de la fonctionnalité sous traitement actif (score douloureux à 12 semaines 37,5 contre 52,3 sous placebo, score fonctionnel UEFS 2,3 sous traitement actif, contre 3,2 sous placebo).

D'autres études ont confirmé ces résultats positifs dans plus de 70%, des cas, en particulier chez les patients ayant résisté aux traitements conventionnels (cryothérapie, physiothérapie, injections de corticostéroïdes...).

3 à 5 séances de 1 000 à 2 000 impulsions

L’expérience française, rapportée par H. de Labareyre (INSEP, hôpital Saint-Maurice, Paris) et par R. Dufour (clinique Sainte-Catherine, Avignon) confirme que le Sonocur a un effet antalgique significatif après 3 à 5 séances de 1 000 à 2 000 impulsions à quelques jours d'intervalle. Le champ d'application de cette technique recouvre principalement les douleurs de l'épaule (tendinopathie calcifiante ou non), du coude (épicondylite cubito-humérale et radiale) et du pied (aponévrosite). Le système est idéalement couplé à un échographe pour faciliter le repérage du point douloureux et le contrôle du positionnement pendant le traitement.

Les sites de référence en France sont situés à Avignon, Lyon, Roubaix et Toulon, un cinquième site étant prévu en région parisienne.

Dr Gérard BOZET

Paru dans le quotidien du medecin (octobre 2003)

 

La technique est déjà utilisée en Allemagne depuis dix ans, et commence à se développer en France. Après les calculs rénaux qu'elles détruisent, les ondes de choc améliorent également les tendinites

" La tendinite, souligne ce rhumatologue toulonnais, se soigne toujours par la patience. Mais quand la douleur est invalidante, qu'elle perturbe les gestes quotidiens et que les traitements conventionnels n'ont rien donné, on peut penser à cette nouvelle technologie... Les ondes de choc existent depuis une vingtaine d'années et ont fait leurs preuves en détruisant les calculs rénaux. Aujourd'hui, ces ondes donnent de bons résultats dans les tendinites, qu'elles soient calcifiantes ou pas. " Les indications classiques sont les tendinites de l'épaule, du genou, de la cheville, du coude (le tennis-elbow des sportifs), ainsi que certaines douleurs du talon. Dans 70 % des cas, l'efficacité de ces ondes est démontrée. La Food and Drug Administration (FDA), aux Etats-Unis, dont la rigueur est admise depuis longtemps, vient de reconnaître cette efficacité dans les cas spécifiques du coude et du pied. En France, une dizaine de sites sont équipés de ces appareils à ondes de choc, chez des rhumatologues libéraux et dans des services hospitaliers universitaires . Dans notre région, il existe des appareils à Marseille, Avignon, Toulon et Antibes. "

Des ondes modulées

Les ondes de choc sont des ondes de haute pression, émises par une source qui peut être électro-magnétique ou électrohydraulique. La transmission de ces ondes se fait obligatoirement par l'intermédiaire d'un gel échographique, avec une fréquence qui peut varier de 1 à 4 ondes de choc par seconde. A Toulon, le spécialiste qui utilise cet appareil depuis plusieurs mois, en connait les avantages

" Chaque traitement est constitué d'environ trois séances, d'une durée de 10 à 15 minutes. La puissance, la profondeur et la fréquence de ces "chocs" sont modulées par le médecin, en fonction de la pathologie à traiter. L'intérêt de ce traitement c'est de respecter le vivant en ne s'attaquant qu'au minéral. Ce n'est en aucun cas une technique invasive. "

Pourtant, reconnaît ce spécialiste, les séances sont parfois douloureuses. On peut conseiller, avant le traitement, une pommade anesthésique locale et, après, prévoir des antalgiques.

Aucune contre-indication

Quant aux résultats, ils ne sont pas immédiats. " L'effet bénéfique des ondes de choc ne se concrétise qu'entre la quatrième et la douzième semaine, après le traitement. II n'y a pas de contreindications formelles. Toutefois, il est prudent de ne pas traiter les femmes en cours de grossesse, les patients présentant un trouble de la coagulation ou des atteintes infectieuses. Enfin, il est exclu de traiter les patients en première intention ce n'est qu'en cas d'échec thérapeutique que l'on peut passer aux ondes de choc. " Ce traitement novateur mérite d'être encore évalué. Néanmoins, on sait déjà, en partie, comment il fonctionne : ces ondes provoquent des micro-lésions sur la partie abîmée du tendon, et entraînent une vascularisation de la zone traitée qui va cicatriser plus rapidement. Le groupe rhumatologique d'exploration et de thérapeutique qui regroupe, à Toulon, une dizaine de rhumatologues accès cette thérapeutique, dont le seul inconvénient, pour l'instant, est de ne pas être pris en charge par la Sécurité sociale. II en coûte donc, à chaque patient, 65 € par séance. Mais, assure ce praticien, " La thérapie par ondes de choc extra-corporelles en rhumatologie et traumatologie sportive a de l'avenir... "